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Nuages sur l’accord de Transport aérien

Le oui à l’initiative «Contre l’immigration de masse» du 9 février 2014 pourrait signifier le glas de l’accord sur le Transport aérien si l’initiative est appliquée à la lettre. La branche du tourisme retient son souffle.

Depuis le 9 février 2014 et l’acceptation de l’initiative populaire dite «Contre l’immigration de masse», l’économie suisse se demande à quelle sauce elle va être mangée si l’initiative en question est appliquée à la lettre d’ici à 2017.

La branche du tourisme tout entière retient aussi son souffle, car le transport aérien pourrait être lourdement pénalisé si le paquet des Accords bilatéraux I – sept en tout – venait à tomber. Celui-ci contient en effet l’accord sur le Transport aérien, entré en vigueur en 2002.

Concrètement, il permet le survol d’un pays (première liberté), le cabotage, soit la possibilité de réaliser des vols intérieurs dans un pays autre que celui d’origine de la compagnie aérienne – huitième liberté, de transporter des passagers dans un pays via un autre avec départ ou arrivée obligatoire dans le pays d’origine (cinquième liberté).

Depuis 2002, la Suisse bénéficie ainsi, sur une base de réciprocité et d’égalité avec ses voisins, d’un accès étendu au ciel européen et aux libertés aériennes.

Exemple concret: au début des années 2000, Swissair ne desservait que trois destinations en Italie, un pays pourtant très couru des touristes. Depuis la signature de l’accord sur le Transport aérien, Swiss vole vers douze d’entre elles.

Gains de plusieurs millions de francs

Autre point positif: le transporteur helvétique s’acquitte des mêmes taxes aéroportuaires que ses concurrents. En résulte des gains de plusieurs millions de francs par an pour Swiss et ses clients.

Les connexions avec les autres aéroports de l’Ancien Continent étant parallèlement possibles, les compagnies helvétiques peuvent profiter de l’apport de passagers de toute l’Europe transitant par les aéroports de notre pays et embarquant à bord des vols intercontinentaux qu’ils proposent. L’offre à ce niveau est ainsi supérieure à celle de la taille réelle du marché helvétique.

Les aéroports helvétiques et leurs boutiques hors taxes louent cet afflux croissant de passagers. Le voyageur lui-même est fort aise lorsqu’il transite par un aéroport de l’Union européenne grâce à l’accord OSS (one stop security) puisqu’il n’est plus obligé de faire la queue à la douane. Une augmentation du confort pour le passager et une économie substantielle pour les aéroports.

Des nuages planent donc sur cet accord. Pour la petite histoire, si le peuple suisse avait dit oui, en 1992, à l’Espace économique européen (EEE), il se serait évité toutes ces tracasseries. Car l’accord sur le Transport aérien figurait déjà dans le traité sur l’EEE…

(DWA)