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La tension monte entre swiss et hotelplan

Les questions encore en suspens dans le débat autour de la taxe GDS paralysent les voyagistes suisses. C’est du moins ce qu’affirment les représentants de la branche, qui s’interrogent sur l’évolution de cet imbroglio.

Swiss ne dévie pas de son intention d’instaurer, à compter du 1er septembre, une surtaxe sur les billets achetés via les systèmes mondiaux de réservation (GDS). Les protestations des voyagistes – Hotelplan Suisse en tête – vis-à-vis de cette nouvelle Distribution Cost Charge (DCC) semblent toutefois laisser de marbre la filiale du groupe Lufthansa. L’ensemble du groupe LH prévoit d’appliquer un supplément de 16 francs par passager pour toute réservation effectuée via les GDS, en vue d’inciter les agences et organisateurs de voyages à passer par les canaux web directs de la compagnie.

«Nous sommes actuellement en pourparlers avec Swiss, mais la situation n’a guère progressé», estime Kurt Eberhard, CEO d’Hotelplan Suisse, concernant l’avancement des négociations. Selon Marcel Herter, Director Broker Services & Purchasing chez Hotelplan Suisse, la taxation envisagée pourrait avoir les répercussions suivantes: «Dans le segment des loisirs, si les agences de voyages mettaient tout en œuvre pour proposer des solutions alternatives, un transfert pourrait intervenir vers d’autres compagnies aériennes. Dans le segment des entreprises, les agences spécialisées dans les voyages d’affaires (TMC) sont quant à elles tenues de réserver les vols auprès de la compagnie aérienne souhaitée par le client.» Il semblerait toutefois que les agences de voyages soient quelque peu choquées de voir s’ouvrir devant elles d’éventuels pièges, la surtaxe entraînant de nouvelles sources potentielles d’erreurs. En conséquence, Hotelplan Suisse envisage de réagir en prélevant une «taxe de complexité» de 10 francs sur toutes les réservations LH/LX.

Pourquoi Hotelplan Suisse ne se résout pas à introduire une plate-forme en ligne, qui permettrait d’accéder directement aux vols LH/LX et de contourner ainsi la Distribution Cost Charge? «Ce serait faisable sur le plan technologique», explique Marcel Herter, «mais l’intégration des données dans nos systèmes nécessiterait une maintenance considérable». Marcel Herter pense en outre que la mise sur pied de plates-formes individuelles s’avérerait encore plus complexe si d’autres compagnies aériennes devaient suivre l’exemple de Lufthansa: «La gestion individuelle de 20, 30, 40 plates-formes deviendrait tout simplement impossible. Par ailleurs, le délai de 3 mois qui nous reste avant l’échéance ne suffit pas à la concrétisation d’un tel projet, le LHG ayant lui-même prévu dans ses documents une période de mise en place de 6 à 12 mois.»

Kurt Eberhard estime que le plan directeur du groupe LH ne constitue pas nécessairement une attaque ciblée à l’encontre de l’industrie du voyage: «Les dirigeants du groupe partent du principe que la distribution par des tiers sera un jour obsolète. C’est leur manière d’anticiper l’avenir. Les dégâts collatéraux seront néanmoins colossaux et le groupe LH n’en sortira pas indemne non plus.»

(GWA)